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La méthode et ses institutions

Qui porte CARE, et qui la reconnaît.

Le Cerces, qui la porte, la dit initiée dès 2013 par trois personnes. Des opérateurs formés et certifiés la mettent en œuvre. Deux rapports du Sénat l'ont jugée ; d'autres textes publics l'ont citée ou étudiée. Cette page les passe en revue, dans cet ordre.

01 — D'où vient la méthode

CARE ne nous appartient pas.

La méthode est un travail académique ouvert, porté par une communauté de chercheurs et de praticiens. Buildics l'outille ; il ne la définit pas.

D'où vient CARE

C.A.R.E. — Comprehensive Accounting in Respect of Ecology, comptabilité globale respectant les principes de l'écologie. Le Cerces, qui porte le modèle, le dit initié dès 2013 par trois personnes :

  • Jacques Richard — professeur émérite à l'université Paris-Dauphine.
  • Alexandre Rambaud — codirecteur des chaires « Comptabilité écologique » et « Double matérialité ».
  • Hervé Gbégo — expert-comptable, ancien vice-président du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables chargé de la durabilité. Il a porté la méthode dans la pratique : son cabinet, Compta Durable, l'a expérimentée en entreprise dès 2015, et il a présidé en 2021 le groupe de travail de la DFCG et de l'Ordre dont le livre blanc la présente.

De 2019 à 2020, une « opération collective CARE » a mis en œuvre la méthode dans dix entreprises et sites de la région Sud, dont Auchan, Cemex et Ricard. Selon son rapport de mission, elle était pilotée par l'ADEME, l'Institut national de l'économie circulaire et le cabinet Compta Durable.

Deux organisations où vérifier ce que nous avançons :

Deux organisations liées, toutes deux indépendantes de Buildics : le Cerces siège au conseil de surveillance de l'Institut CGS.

La recherche sur CARE est fédérée par la chaire Comptabilité écologique, qui fait partie de la Fondation AgroParisTech. En 2026, elle compte pour partenaires académiques AgroParisTech, l'université Paris-Dauphine, l'université de Reims Champagne-Ardenne et l'Institut Louis Bachelier, et parmi ses mécènes le ministère de la Transition écologique et l'Ordre des experts-comptables.

02 — Ce qu'en disent les institutions

Ce n'est pas nous qui le disons.

Deux rapports d'information du Sénat se sont prononcés sur les méthodes de comptabilité socio-environnementale : le premier juge CARE « le plus abouti » des modèles, le second la présente comme « la plus robuste ». En 2018, le rapport de mission remis au Gouvernement par Nicole Notat et Jean-Dominique Senard citait déjà en note le modèle CARE.

La méthode CARE « apparaît particulièrement aboutie ».

Sénat, L'évolution des valeurs dans le champ économique à l'horizon 2050 (nouvel onglet), rapport n° 10 (2025-2026), délégation à la prospective. Le modèle y est également qualifié de « plus abouti » parmi les comptabilités socio-environnementales.

« La méthode Comptabilité adaptée au renouvellement de l'environnement (CARE) se présente comme la plus robuste. »

Sénat, Engager et réussir la transition environnementale de sa collectivité (nouvel onglet), rapport d'information n° 87 (2023-2024), délégation aux collectivités territoriales.

Le rapport citait en note le modèle CARE d'Alexandre Rambaud et Jacques Richard parmi les pistes pour inscrire au passif une « dette sociale et écologique », et recommandait d'« engager une étude concertée » sur les normes comptables (recommandation 10).

L'entreprise, objet d'intérêt collectif, Nicole Notat et Jean-Dominique Senard, 2018 — le rapport dont la loi PACTE a repris les recommandations sur l'intérêt social et la raison d'être des sociétés.

Le rapport n° 10 a été adopté à l'unanimité par la délégation sénatoriale à la prospective, le 7 octobre 2025 ; le rapport n° 87, à l'unanimité également, par la délégation aux collectivités territoriales, le 9 novembre 2023.

L'IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique) a publié un dessin animé, « Comptabilité et écologie : s'unir pour mieux verdir ? (nouvel onglet) ». Il l'accompagne de la revue de littérature (nouvel onglet) de son bureau de la recherche, datée de janvier 2026, qui présente CARE comme le modèle « au niveau organisationnel ». Cette revue juge « particulièrement innovants » les systèmes comptables proposés aux niveaux organisationnel et écosystémique.

03 — Hors de France

La méthode est aussi citée à l'international.

FMI

Un document de travail du Fonds monétaire international (2021), co-signé notamment par Nicholas Stern, cite CARE en exemple des réformes qui réduisent le poids du court-termisme actionnarial : une comptabilité qui inscrit les enjeux sociaux et environnementaux au bilan et au compte de résultat, et étend aux capitaux naturels et sociaux la protection due au capital financier.

NGFS

En mars 2022, le rapport final du groupe d'étude NGFS-INSPIRE sur la biodiversité et la stabilité financière classe CARE parmi les sept approches de mesure de la biodiversité qu'il présente aux institutions financières. Ces approches sont retenues notamment parce qu'elles sont « scientifiquement robustes » (traduction). Le rapport est publié dans la série « Occasional Papers » du NGFS, réseau de 108 banques centrales et superviseurs. Le NGFS précise que cette série n'engage pas le réseau.

Source : FMI, document de travail WP/21/147 (2021). Comme tout document de travail du FMI, il n'engage que ses auteurs.

04 — Ce qu'ils recommandent

Une orientation publique, et des freins nommés.

Une orientation de politique publique

Dans la deuxième de ses trois grandes orientations, « Réviser les outils économiques et les méthodologies comptables pour décider en connaissance de cause », le rapport n° 10 du Sénat (2025-2026) inscrit : « Réfléchir à une plus grande diffusion de la comptabilité socio-environnementale ». Les rapporteurs estiment que les collectivités territoriales « pourraient jouer un rôle d'exemplarité ».

En note, le rapport cite Alexandre Rambaud, co-auteur de la méthode : CARE serait mis en œuvre au Grand Port Maritime de La Rochelle, au CNAM et au Domaine de Chaalis, et ferait l'objet d'une attention particulière du Conseil de normalisation des comptes publics. Un groupe de travail de ce Conseil lui consacre depuis une section de son rapport de septembre 2025.

Ce rapport signale à son tour des expérimentations de CARE en cours : à la CPAM de Toulouse, à la ville de Grenoble, au Grand Port de La Rochelle et au département d'Ille-et-Vilaine. Il retient comme atout « un vrai langage commun » avec la comptabilité financière, note qu'il est « difficile de fixer des seuils à l'échelle d'une organisation », et conclut que ces expérimentations « pourraient être poursuivies avec un suivi du CNOCP ».

Sa fiche sur CARE liste des forces : les capitaux naturels entrent dans les comptes « au même titre que le capital financier », les seuils reposent sur des évaluations scientifiques, les coûts de préservation sont chiffrés. Elle liste aussi des limites pour les entités publiques : un passif qui peut être « virtuellement illimité », le coût de définition des seuils, la complexité de l'ensemble. Elle estime que « ces limites ne s'opposent pas à la poursuite des expérimentations », et précise que CARE « suppose une adaptation des logiciels comptables ».

Les freins que cite le rapport n° 10 du Sénat

Le rapport cite quatre freins au déploiement de CARE : changer radicalement « notre vision de la nature et des êtres humains dans l'économie » ; fournir des données scientifiques et « mettre au point des nomenclatures pour la production des données », notamment pour définir et suivre les bons états écologiques ; comprendre que cette comptabilité « ne joue pas un simple rôle de reporting » mais structure la gestion ; enfin, le soutenir « financièrement et politiquement ». Il ajoute qu'elle n'est « pour le moment pas enseignée » dans les écoles d'économie et de gestion.

Ces travaux se prononcent sur la méthode CARE, jamais sur Buildics : aucune institution ne recommande notre logiciel, et nous ne le prétendons pas. Ce qu'ils établissent, c'est que deux rapports d'information du Sénat ont jugé la méthode que nous outillons : le premier y voit « le plus abouti » des modèles de comptabilité socio-environnementale, le second « la plus robuste ».