Questions fréquentes
Les questions qu'on nous pose avant de signer.
Sur la méthode d'abord, sur l'outil ensuite. Les réponses sont courtes ; celles qui méritent un développement renvoient à la page qui l'explique.
La méthode CARE
Qu'est-ce que C.A.R.E. ?
Comprehensive Accounting in Respect of Ecology, comptabilité globale respectant les principes de l'écologie. C'est une méthode comptable, pas un cadre de reporting : elle refond les outils eux-mêmes — plan de comptes, bilan, compte de résultat, annexes — pour y faire entrer les capitaux naturels et humains au même rang que le capital financier.
Le Cerces, qui porte le modèle, le dit initié dès 2013 par trois personnes : Jacques Richard, professeur émérite à l'université Paris-Dauphine ; Alexandre Rambaud, codirecteur des chaires « Comptabilité écologique » et « Double matérialité » ; Hervé Gbégo, expert-comptable, ancien vice-président du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables chargé de la durabilité, qui l'a portée dans la pratique : son cabinet, Compta Durable, l'a expérimentée en entreprise dès 2015.
La méthode expliquée en détailÀ qui appartient CARE ?
À personne. CARE est un travail académique public, publié, discutable et amendable. Elle est portée par le Cerces et la chaire Comptabilité écologique de la Fondation AgroParisTech — pas par un cabinet, pas par une entreprise, pas par nous.
Le Cerces, qui la porte, réunit praticiens, chercheurs et représentants des pouvoirs publics pour la « mettre en débat ».
Buildics vend un logiciel, pas une note. Nous n'évaluons pas nos clients, nous ne délivrons aucun score, et nous ne pourrions pas être juge et partie : la méthode ne nous appartient pas, les seuils ne viennent pas de nous, et chaque montant se retrace jusqu'à son écriture. Si vous contestez un chiffre, vous pouvez remonter à sa source — c'est le contraire d'une boîte noire.
Voir qui porte chaque méthodeEst-ce que vous mettez un prix sur la nature ou sur les personnes ?
Non, et c'est la distinction la plus importante à comprendre. CARE n'internalise pas les externalités : elle ne cherche pas à corriger un prix de marché, comme le fait une taxe carbone.
Ce qu'elle chiffre, c'est le coût du processus de préservation qui ramènerait un capital à son bon état. Une nappe polluée ne reçoit pas une valeur marchande : elle reçoit une dette égale à ce qu'il faudra engager pour la dépolluer. Le montant est une obligation, pas un prix.
Le raisonnement est le même pour les capitaux humains, et il vaut la peine d'être dit : une compétence perdue, une santé dégradée, un collectif épuisé ne reçoivent pas de valeur marchande — la dette correspond à ce qu'il faut engager pour former, soigner, reconstituer. Personne n'est mis à prix ; ce qui est chiffré, c'est le devoir de préservation.
Quelle différence avec une agence de notation ?
Une agence de notation extra-financière émet sur une entreprise un avis ou un score, selon sa propre méthode. Cette note est un produit : elle est achetée par des investisseurs, ou par les entreprises elles-mêmes. Quand celui qui est noté paie celui qui note, ou quand l'agence lui vend aussi du conseil, l'indépendance de la note est en jeu : c'est le conflit d'intérêts.
L'Union européenne le reconnaît. Le règlement applicable depuis juillet 2026 demande aux agences d'éviter ces conflits et de les divulguer, et leur interdit les activités de conseil auprès des entreprises.
CARE ne délivre pas de note. C'est une méthode comptable publique, qui n'appartient à personne : l'organisation la met en œuvre dans ses propres comptes, pour ses propres décisions. Le Cerces, qui la porte, dit qu'elle n'a « pas un rôle de "juge" de l'organisation mais de support à la prise de décision ».
Buildics ne peut pas être juge et partie : nous vendons un logiciel, nous ne portons aucune appréciation extra-financière sur nos clients et nous ne leur attribuons ni note ni score. Ce que l'outil calcule part de vos comptes, de vos mesures et des seuils de bon état que vous retenez.
Pourquoi CARE plutôt qu'une autre méthode ?
En 2022, cinq chercheurs et praticiens, dont deux administrateurs du Cerces, ont comparé dix méthodes de comptabilité socio-environnementale. Deux questions comptent parmi celles qui les séparent le plus : est-ce qu'un gain sur un capital peut compenser une perte sur un autre, et est-ce que le résultat entre dans les comptes ou reste à côté ?
Sur les dix, deux refusent la substitution entre capitaux, et une seule se présente comme une comptabilité intégrée : CARE. Une comptabilité intégrée inscrit les capitaux naturels et humains dans les états financiers eux-mêmes : la dette écologique y figure au passif du bilan.
Le comparatif des dix méthodesQu'est-ce qu'un bon état écologique, et qui le décide ?
Le bon état est l'état dans lequel un capital conserve intactes toutes les potentialités de sa nature propre : pour un écosystème, son état de santé ; pour une personne, un travail décent et son intégrité physique et psychique. Le seuil n'est pas une cible que l'organisation choisit seule : il s'appuie sur une source de légitimité, scientifique, légale ou sociétale. Pour un capital humain, les personnes concernées y participent elles-mêmes, par le dialogue.
Dans CARE, ces sources s'appellent des préoccupations : la personne ou l'institution pour qui ce capital est un sujet, et qui fonde le seuil. Dans CARE, un capital est d'ailleurs une entité qui est une source de préoccupation. Les seuils évoluent avec les connaissances ; l'outil garde la trace de qui a posé quoi, et quand.
Et la CSRD ?
La CSRD est une directive européenne de publication : les plus grandes entreprises doivent dire, dans leur rapport de gestion et selon des normes européennes, leurs incidences sur les personnes et l'environnement, et la façon dont ces questions influent sur leurs résultats. La CS3D, une autre directive, demande d'agir : à partir de 2029, les très grandes entreprises devront recenser, prévenir et faire cesser les atteintes aux droits humains et à l'environnement, chez elles, dans leurs filiales et chez leurs partenaires commerciaux, et réparer celles qu'elles ont causées. CARE n'est pas une directive mais une méthode comptable : elle inscrit dans les comptes eux-mêmes l'obligation de préserver les capitaux naturels et humains, comme on protège déjà le capital financier. Toutes trois regardent ce que l'activité fait à la nature et aux personnes ; CARE, comme la CSRD, regarde aussi l'autre sens : ce que le monde fait à l'organisation. Mais la CSRD fait publier, la CS3D fait agir, et CARE compte : ses seuils de bon état, ses actions de préservation et leur coût peuvent nourrir le rapport de durabilité comme la démarche de vigilance, sans les remplacer. Buildics sert à tenir cette comptabilité ; il ne rédige pas le rapport de durabilité de la CSRD.
L'outil Buildics
Buildics remplace-t-il mon logiciel de comptabilité ?
Non. Vous gardez votre logiciel comptable et votre expert-comptable. Buildics part de ce qu'ils produisent déjà, votre comptabilité financière, et y ajoute une seconde lecture : quel capital chaque écriture mobilise. Sans comptabilité à importer, le mode Manuel permet de saisir les montants à la main, sur les emplois de vos processus.
Rien n'est ressaisi, et rien n'est modifié dans vos comptes financiers. Un fichier de balance générale exporté de votre logiciel suffit.
Quelles données dois-je apporter ?
Buildics structure et relie les données de votre organisation ; il ne les produit pas. Pour le capital financier, votre balance générale suffit.
Pour les capitaux naturels et humains, les mesures viennent de vous ou des experts avec qui vous travaillez : pour le climat, par exemple, un bilan carbone réalisé par un professionnel. Le principe est celui de vos états financiers, pour lesquels votre expert-comptable a besoin de vos factures.
Je ne suis pas comptable. Puis-je m'en servir ?
Oui. Aucune formation comptable préalable n'est nécessaire : des guides contextuels et le lexique CARE sont dans l'application. En pratique, une cartographie CARE se fait à plusieurs : la direction, la comptabilité, et celui qui connaît le terrain.
C'est aussi pour ce travail à plusieurs que le palier d'entrée comprend trois accès et trois rôles distincts.
Nous sommes une petite équipe. Est-ce hors de portée ?
Non, à condition de commencer petit : un seul capital, celui que votre activité affecte le plus, puis les autres à mesure.
Mieux vaut une base juste sur un capital qu'un tableau complet sur des fondations fragiles.
Combien de temps avant d'avoir des livrables ?
Comptez environ six mois pour une TPE ou une PME, de la souscription aux premiers états complets. Le délai dépend du périmètre retenu, du nombre de capitaux analysés, des données et des processus que l'organisation a déjà mis en place, et de l'implication de ses équipes.
Une comptabilité écologique se construit, elle ne se génère pas.
Qu'est-ce qui sort concrètement de l'outil ?
Des états financiers intégrés, où les capitaux naturels et humains s'ajoutent au capital financier : bilan, compte de résultat et balance générale, chacun avec sa section par famille de capitaux ; des annexes de publication, une fiche par traducteur ou indicateur évalué des capitaux naturels et humains, avec son état constaté, son seuil de bon état, sa dette écologique et les emplois engagés ; et un rapport paginé, prêt à joindre à vos comptes ou à présenter en comité.
Chaque montant publié se retrace jusqu'à sa ligne de journal.
Voir les écransÀ qui l'outil s'adresse-t-il ?
Aux directions financières et aux fonctions durabilité, en premier lieu ; aux cabinets d'expertise-comptable et de conseil qui mènent ces missions ; aux associations ; aux institutions, collectivités et laboratoires. Une comptabilité écologique ne se tient pas depuis un seul bureau — les risques, la transformation et les ressources humaines y ont leur entrée.
Côté juridique, nous appelons organisation toute entité dont la comptabilité est traitée dans Buildics : entreprise, association, collectivité, établissement…
Travaillez-vous hors de France ?
Oui. Le référentiel d'écritures de Buildics est son propre plan comptable écologique international : chaque compte porte un descriptif de transposition, pour que votre référentiel national se relie au nôtre sans réécrire vos comptes. Chaque exercice tient dans sa propre devise, et vos formats de nombre et de date suivent chaque utilisateur.
Sources
- Cerces, « Qu'est-ce que C.A.R.E. ? » (nouvel onglet), « Méthodologie de C.A.R.E. » (nouvel onglet), « FAQ sur C.A.R.E. » (nouvel onglet), « Notre association » (nouvel onglet), cerces.org.
- Alexandre Rambaud, « La valeur de l'existence en comptabilité » (nouvel onglet), thèse de doctorat, Université Paris-Dauphine, 2015.
- Cerces, rapport de mission « Opération collective CARE-PACA » (nouvel onglet), décembre 2020.
- Horizons publics n° 26 (nouvel onglet), 2022.
- La Coop des Communs, « Quelle comptabilité pour les communs ? » (nouvel onglet), mars 2026.
- Clément Carn et Jean-Christophe Vuattoux, « Trois lectures du capital humain en comptabilité sociale » (nouvel onglet), Comptabilité Contrôle Audit, 2023.
- Directives (UE) 2022/2464 (nouvel onglet) (CSRD) et 2024/1760 (nouvel onglet) (CS3D), modifiées par la directive (UE) 2026/470 (nouvel onglet).
- Règlement (UE) 2024/3005 (nouvel onglet) sur les activités de notation ESG.
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